- Les principaux constructeurs comme Google, Apple et Samsung abandonnent le palier de 128 Go au profit d’un minimum de 256 Go.
- Les systèmes d’exploitation et les fichiers temporaires consomment désormais entre 15 et plus de 30 Go d’espace dès la première mise en route.
- Outre la saturation rapide due aux applications et médias, les versions 128 Go utilisaient parfois des technologies de mémoire plus lentes comme l’UFS 3.1.
La fin progressive du standard des 128 Go

Le marché de la téléphonie mobile vit une transition technologique majeure concernant la capacité de stockage de ses appareils. Alors que les smartphones d’entrée de gamme utilisaient les faibles capacités pour afficher des prix d’appel attractifs, les géants du secteur modifient leur stratégie. Le passage à un stockage minimal de 256 Go s’impose comme la nouvelle norme chez les grands constructeurs. Chez Samsung, le Galaxy S26 n’est ainsi proposé qu’à partir de cette capacité en France. De son côté, Google a fixé le ticket d’entrée de sa gamme Pixel 11 à 256 Go pour un tarif de 999 €, équivalent au prix de la version 256 Go du Pixel 10 à son lancement. Apple adopte une démarche similaire en faisant démarrer l’iPhone 17 à 256 Go, tout en maintenant l’iPhone 16 de 128 Go à son catalogue pour occuper le segment inférieur. Au-delà du volume, cette transition élimine également des disparités techniques : les versions 128 Go des générations précédentes, comme le Galaxy S25 ou le Pixel 10, intégraient une mémoire UFS 3.1 plus lente que la norme UFS 4.0 réservée aux capacités supérieures.
Des systèmes d’exploitation de plus en plus lourds
Cette évolution répond à une contrainte technique concrète : l’inflation logicielle. Avant même l’installation de la moindre application utilisateur, les fichiers système réduisent drastiquement l’espace disponible. Sur un Samsung Galaxy Z Flip 7 FE, le système d’exploitation occupe 15,93 Go. La situation s’accentue avec les dernières versions logicielles : sous Android 17, un Pixel 9 Pro mobilise 10 Go pour le système et 10 Go supplémentaires pour les fichiers temporaires. L’environnement d’Apple n’échappe pas à cette tendance, iOS 26 requérant 13,55 Go d’espace système cumulés à 19,92 Go de fichiers temporaires sur un iPhone 15. Pour un appareil de 128 Go, l’espace réel utilisable descend ainsi immédiatement sous la barre des 100 Go à la première configuration.
L’impact invisible des applications du quotidien
La saturation est accélérée par les applications préinstallées et l’usage courant. Les services de base de Google comme Photos (2,36 Go) ou AICore (6,45 Go) consomment plusieurs gigaoctets. Les réseaux sociaux et messageries traditionnels, à l’image d’Instagram (1,21 Go) ou d’Outlook (752 Mo), alourdissent rapidement la facture numérique. De plus, la quasi-disparition des ports pour cartes microSD, désormais préservés uniquement par la marque Sony, complique l’extension physique du stockage. Le manque de stockage peut bloquer les mises à jour majeures du système d’exploitation. Un smartphone encombré par quelques dizaines de gigaoctets de photos personnelles et des applications quotidiennes se retrouve vite dans l’incapacité d’installer une mise à jour globale comme Android 17, contraignant l’utilisateur à des arbitrages constants ou à l’usage de services cloud payants.